L'asso Patatr'Oc Le Kri des Cigales est né en 1994 à Puisserguier (pour ceux qui n'ont pas encore saisi où ça se trouve, c'est un village de la garrigue de Béziers) . Elle est créée par une bande de jeunes pas très bien vus dans le village (de futur goulamas pour certains) qui veut monter une radio associative pour diffuser tous les groupes de la scène alternative qui les fait kiffer, le tout financé par l'organisation d'évènements culturels en tout genre.
Le projet de la radio, peut-être trop ambitieux pour une bande de branleurs, n'a jamais abouti. Mais l'organisation de concerts, essentiellement, s'est développée. Son objectif est alors devenu de développer une scène locale et les musiques actuelles en milieu rural. Et bon nombre de groupes locaux, émergeants, en découverte, au rayonnement national aujourd'hui, sont passés par la scène de Puisserguier depuis 1994
C'est parallèlement à la création de l'asso Patatr'Oc que parmi ses membres sont nés les groupes Goulamas, puis Kalamity Gang, les 2 formations qui donneront le futur Goulamas'K.
Patatr'Oc réunit des gens de tout âge et de tout bord, de passage ou de longue date Elle est au cœur d'un réseau d'entraide et d'échanges avec tout un tas d'autres structures de la région Pour ses membres, elle représente 15 ans de militantisme rock et citoyen.
La fête de la musique prématurée à Puisserguier
Un temps mi-figue mi raisin ce samedi 26 mai et voilà la fête qui déménage du parvis de la cave coopérative à la maison du Peuple et alors "c'est pas pareil". Tout d'abord, une nouvauté. L'assos Patatr'Oc Le Kri des Cigales avait programmé dans 77 quartiers du village des concerts de styles variés et du théâtre de rue. Le deal : le public amène l'apéro, les habitants du quartiers les tables et l'asoos la zique. Une très bonne idée. Pour une premère édition, une trentaine de personnes par site sauf deux moins fournis (pour une heure d'animation, et plus si affinités). C'est prometteur. Après la mise en bouche dans les quariers, direction, sous quelques gouttes, la maison du Peuple. Et là, surprise, un public pas très nombreux pour cause de pluie et autres scènes (Mano Solo à Bayssan par exemple). Les différents stands, boissons, repas et autres podiums musicaux sont à l'extérieur, et là ça grouille. Les années précédentes, sur le parvis de la cave coop, de n'importe quel point de la fête on voyait et entendait la scène. Là, on fume, boit, mange et discute dehors, dans le jardin d'Eden. Du coup, les concerts passent un peu à l'as, mais bon ça avait son charme... et on pouvait s'entendre. Dehors (comme à l'intérieur) les bénévoles de l'assos, et ils sont nombreux, s'activent sous les tentes, toujours le sourire, malgré la pluie intermittente. Des grappes humaines se forment devant les percus des Toubabou ou à l'abri d'un coin de chapiteau... A l'intérieur, on voit un balèti emmené par Zo! avec des crêtes et des grosses galoches pour des gigues d'un autre temps... la musique n'a pas de frontière, même temporelle. Après ça pulse avec les Dead Spike, et là ce sont les mêmes sur la piste mais pas poru la gigue. L'estocade finale est donnée par Tusta Bueta, toujours un bonheur de les voir et de les entendre ceux-là. La fin de soirée se passe entre intérieur et extérieur, au gré des rencontres et puis déjà le couvre-feu ! Damned, en pleine forme, c'est dur de partir. Au fur et à mesure de départs, les balias sortent... C'est l'heure du premier lifting du lieu. Bon, allez, je me lance, tiens une serpillière... L'équipe se regroupe dans la salle municipale qui faut laisser nickel pour le lendemain. Moins de monde, mais plus de calme et le compte rendu de la soirée se balade de bénévole en bénévole. Bon c'est 4h30, la salle est presque clean. Du cou, on s'est retrouvé le lendemain pour le deuxième lifting... et là avec le soleil, après les cafés (au moins 3), j'ai vu l'immensité du lieu à nettoyer. Raaaahhhhhh ! La même équipe que la veille, chacun son truc à faire, des vannes toutes les 3 minutes, quand tu as fini tu vas les copains... et puis au final un repas 15/20 personnes chez les Goulamas. Franchement, pour les afters, vous avez mon numéro.
Line Golano
Fête de la musique prématurée Patatr'Oc Le Kri des Cigales contre l'uniformisation
Puisserguier Introduire au village les musiques actuelles, mixer les genres et les générations, tel est le sens de la fête qui se prépare à Puisserguier. Samedi 27 mai, à partir de 18h30, les sons échapés de la cave coopérative de Puisserguier afficheront leur indépendance régionale face au conformisme musical. Place en ouverture au Balèti mené par La Talvera – déjà 16 ans d'existence!- à sa boulègue occitane, ses fifres et autres grailes qui font vivre ragga, world ou trad. Place à la Ska rock des Goulamas'K et Obrint Pas, Rural Fighta, Bob's not Dead et Toubabou. Place enfin à l'art de Moska, Pablo Quedad, Sophie et Philippe. Et au diable le reste! Entrée: 4 euros. C'est tout.
Les groupes invités Rural Fighta ou "lutte rurale": sound system de la vallée de l'Orb. Desz textes balancés sur rythmes reggae ragga hip hop – Bob's not dead ou Bob n'est pas mort : grand slameur bitterois.Guitare et chansons punk musette baba cool – toubabou : percussions de la garrigue de Puisserguier. Pour la transe et la danse aux rythmes des cigales – La Talvera : originaire du Tarn. Touchée par ses rencontres avec les musiciens du Massilia Sound System et le curureiros brésiliens – Goulamas'K : garrigue de Béziers. Accents ska rock occitan brut et rageur – Obribnt Pas : groupe catalan né à Valencia en 1993. Ska reggae dub punk et hardcore mélodique au son de la dolçaina. Groupe phare d'une scène alternative en Catalogne et en Espagne – Pablo Queda : ferraillo-sculpteur. A ses côtés, Sophie et Philippe, pour une création en Live d'un totem de feu. Une galerie à Mons-la-Trivalle – Moska : performeur sur le feu, à l'initiative du MAS (Musée des Arts Simple à Cébazan).
La scène rock régionale a ceci de particulier qu'elle dispose à la fois d'un public fidèle que l'on retrouve de concert en concert et de "structures" très éphémères. Les groupes et, à fortiori, les programmateurs ont des vies souvent brèves. A Puisserguier, Patatr'Oc fait unpeu la démonstration que ce n'est pas une fatalité. L'idée de départ c'était de créer une radio qui passe autre chose que les réseaux commerciaux. Il fallait des fonds, d'où l'organisation de concerts. Puis, l'idée de radio a été mise de côté et on est à une trentaine de concerts organisés. On ne fait pas que du rock on aborde tous les styles et parmmi les bénévoles de l'assocition, il y a des gens qui aiment des choses différentes. On a programmé du jazz, du classique, de la salsa mais c'est le rock qui marche le mieux surtout le ska. Patatr'oc essaie chaque fois de proposer des groupes locaux et des régionaux pour favoriser les échanges, montrer des choses différentes au piblic et permettre aux musiciens du coin de trouver des plans ailleurs. On se déplace, comme il n'y a pas de radio rock, il faut écouter les compilations et voir les musiciens sur scène avant de les programmer, c'est indispensable. Actuellement, le principal problème est celui des lieux. Il n'y a pas si longtemps, dans les villages de l'Aude ou de l'Hérault, on trouvait un concert par semaine. Aujourd'hui, il n'y a plus rien. Les mairies, très réticentes, interdisent toute nouvelle manifestation au moindre incident. Comme il n'existe aucune salle vraiment prévue pour ça et pas de volonté du côté des politiques culturelles à tous les niveaux (il n'y a qu'à voir l'inexistence des subventions pour le rock), il ne trouve refuge que dans les grandes villes à la salle Victoire à Montpellier ou au Médiator à Perpignan et peut-être, à la future salle de Narbonne. A Puisserguier, c'est assez bien accepté. Le lendemain du concert, tu te fais un peu engeuler parce que certains ont pissé sur un portail. Tu discutes, tu parles de la fête du village où c'est pareil et ça se calme. A la mairie, ils ont voulu voir ce qu'on faisait, le fait qu' on programme tous les styles ça a aidé. Ils nous soutiennent et à la fois ils nous craignent un peu. On veut continuer à travailler en milieu rural. Il ya tout à faire. Si on pouvait avoir une salle et une permanence ce serait bien. Dans l'immédiat, on veut étendre le festival qu'on fait en été, le programmer sur 2 jours pour que tout l'investissement qu'on fait vaille le coup (ça se passe en pleine campagne, il faut tout monter). Prochain rendez-vous le 6 mars.