Samedi dans les rues de Puisserguier  
  Les Occitans festoient,
leur caravane passe
 
  Le bilan d'une tournée revendicative dans le midi a également été tracé  
 
 
  Après avoir tracé le bilan du périple caravanier, les occitanistes ont défilé dans les rues de Puisserguier au son de la fanfare des Goulamas
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Onze villes traversées : des rencontres, des débats, des concerts festifs…
Assurément les organisateurs de la caravane occitane sont satisfaits de leur opération. Aussi, samedi, à Puisserguier, le bilan de ce périple effectué en février a été tracé. Pendant neuf jours, les 50 caravaniers quotidiens ont ainsi pu scander à l’envie leur slogan : "Ara n’i a prou", comprenez "maintenant, il y en a assez". Assez de cet article 2 de la constitution française qui ignore les langues régionales comme composantes de la République et que les gouvernements successifs n’ont voulu modifier. Assez de ce refus obstiné du gouvernement français pour ratifier la charte européenne des langues régionales. Assez enfin que la loi cadre proposée par les défenseurs des langues minoritaires ne soit jamais évoquée. "Nous avons ressenti un vrai ras-le-bol des gens que nous avons rencontrés.
  Nous sentons qu’il émerge une véritable force aujourd’hui"., commente Joan-Daniel Estève du mouvement altermondialiste ‘Gardarem la terra’, organisateur de cette caravane. Car c’est aussi contre la mondialisation que se sont élevés les caravaniers : "Cette quête de reconnaissance que réclament les Occitans pour leur langue et leur culture est un combat avant-gardiste. Car, si on ne fait rien, dans un siècle, c’est le français qui disparaîtra au bénéfice de l’anglais".
Ce réveil des défenseurs de l’Occitanie a sonné, en fait, au lendemain des premières assises des langues de France qui a eu lieu le 4 octobre dernier : "On a entendu une grande messe de l’ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon et aucun actes concret. En trois mois la caravane a été organisée.", se souvient Joan-Daniel Estève
  Sans partenariat, sans un euros de subvention par quelque collectivité que ce soit, mais grâce à des dons et partenariat avec les Bus Occitans de Béziers, les Occitanistes ont pu prêcher leur paroles à Marseille, Nîmes, Montpellier, Carcassonne, Toulouse, Tarbes, Pau, Bordeaux, Limoges, Aurillac et Gap. La réduction de postes au Capes d’Occitan, plus de place dans les médias (télés, radios et journaux), et la modification de la loi ont été les points majeurs de leurs revendications.
En parallèle, des artistes se sont produits sur scène et dans les rues. C’est donc en musique que tout ce beau monde a défilé dans les rues de Puisserguier samedi après-midi, aux côtés de la fanfare des Goulamas. Les Boulégaïres se sont ensuite retrouvés à la Maison du Peuple pour un repas et un concert, en attendant la seconde édition de la caravane occitane qui sera organisée en octobre 2005.
Arnaud CHABE